Le handicap auditif

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Il est plus pertinent de parler de troubles de l’audition, soit tout ce qui altère plus ou moins gravement, voire empêche la perception d’un signal sonore et qui en conséquence crée des distorsions dans le traitement de la relation au monde sonore, à la communication et à la vie sociale.

Nous retrouvons dans ce concept :

  • Les acouphènes : bruits fantômes qui gênent les patients et qui parasitent la perception des messages sonores.
  • Les vertiges : sensation que tout tourne autour de soi souvent associée à des nausées.
  • L’hyperacousie : audition douloureuse sur certaines fréquences.
  • La presbyacousie : surdité sans cause connue (traumatisme, maladie, médicaments) des personnes âgées qui survient à partir de 50 ans.
    On estime qu’à 75 ans, 75 % de la population souffre de troubles de l’audition.
  • La déficience auditive : synonyme de surdité.
    On parle de :
    • déficience légère à partir de 30 db de perte,
    • déficience moyenne à partir de 50 db de perte,
    • déficience sévère à partir de 70 db de perte,
    • déficience profonde à partir de 90 db de perte.
  • La cophose : surdité totale (plus d’audiogramme possible).

Si le dépistage et la prise en charge dès la naissance des déficiences auditives profondes et des cophoses sont relativement bien organisés, du fait des répercussions en terme d'accès au langage, les déficiences auditives légères et moyennes s'installent à bas bruit insidieusement sans que l'on en prenne conscience du fait du pouvoir de compensation extraordinaire du cerveau.

Le capital auditif est une dotation de naissance, variable selon les individus. Il s'effrite au fur et à mesure du vieillissement mais également lors d'expositions sonores nocives, en raison de l'accumulation prolongée à des pressions acoustiques, de la prise de médicaments ototoxiques et / ou de l'existence de certaines pathologies.

La perturbation des capacités auditives s'accompagne dans le dialogue :

  • d'une difficulté à distinguer les sons émis par son interlocuteur,
  • d'un décodage incomplet de la parole,
  • et donc d'une réponse cohérente.

Lorsque la perte auditive s'installe et s'intensifie, il devient difficile d'entendre normalement le son de sa voix. On a alors tendance à parler fort. On force sur la voix qui perd en émotivité. On parle en empêchant son interlocuteur de s'exprimer afin de contrôler la discussion. Les autres nous comprennent de moins en moins bien et se détournent.

Toute perte des capacités auditives va déséquilibrer nos repères pour analyser correctement les informations sonores, déceler leur provenance, s'orienter, sélectionner l'information principale et pertinente.

Percevoir un son est une chose, lui donner du sens en est une autre. 

L'oreille écoute mais le cerveau comprend.

Le cerveau doit remplir quatre fonctions clés afin d'être capable de donner du sens à un son :

  • organiser les sons et s'orienter dans son environnement,
  • séparer les sons pour pouvoir se concentrer sur la source souhaitée (privilégier la conversation sur les bruits de fond dans une ambiance bruyante),
  • sélectionner les sons importants,
  • reconnaître chaque son et l'interpréter.

 

D'où la nécessité de coupler l'appareillage (prothèses intra et contours d'oreille, implants...) qui cherche à compenser les déficiences de l'oreille mise en évidence par l'audiogramme à une éducation auditive pour aider le cerveau à donner du sens à ce qu'il perçoit.

Comment bien accueillir une personne ayant une déficience auditive ?

  • Ne la dévisagez pas, soyez naturel, ne vous formalisez pas de certaines attitudes ou certains comportements qui peuvent paraître étranges.
  • Faites attention à votre langage, n'employez pas de vocabulaire irrespectueux ou discriminant.
  • Considérez la personne à besoins spécifiques comme un usager ordinaire : adressez-vous à elle directement et non pas à son accompagnateur, s'il y en a un, ne l'infantilisez pas et vouvoyez-la.
  • Portez une attention particulière à la qualité de la communication. Ayez à disposition un moyen de communication écrite.
  • Proposez, mais n'imposez jamais votre aide. Ne soyez pas surpris si la personne refuse : elle est à même de vous indiquer ce qu'elle attend de vous ou la manière de l'aider.
  • Gardez le sourire et faites preuve de patience pour éviter de la mettre en difficulté : un accueil et un service adapté de qualité peut demander plus de temps.
  • Si des écrans télévisés sont présents dans votre établissement, veillez à activer le sous-titrage ainsi que l'audio-description.
  • Soyez attentif au fait que l'interlocuteur tende l'oreille ou qu'il pointe celle-ci du doigt et qu'il secoue la tête, pour repérer une personne atteinte d'un handicap auditif.
  • Assurez-vous que la personne vous regarde avant de commencer à lui parler. 
  • Gardez la bouche dégagée (ne mettez pas votre main devant votre bouche) et bien éclairée, en évitant les contre-jours.
  • Parlez face à la personne, distinctement, en adoptant un débit normal, sans exagérer l'articulation et sans crier.
  • Privilégiez des phrases courtes et un vocabulaire simple.
  • Utilisez le langage corporel pour accompagner votre discours : pointer du doigt, expressions du visage, etc...
  • Proposez de quoi écrire, en mimant l'écrit ou en montrant un calepin, par exemple, si la personne sait lire et écrire (majoritairement les jeunes générations).
  • Vérifiez que la personne a bien compris le message en l'invitant à reformuler ou en reformulant vous-même.
  • Veillez à afficher de manière visible, lisible et bien contrastée, les prestations proposées et leurs prix.
  • Assurez-vous que chacun puisse voir tout le monde, par exemple grâce à une table ronde.
  • Pour orienter une personne avec un handicap auditif, placez-vous à côté d'elle et indiquez par des gestes clairs le chemin à suivre ou le lieu à atteindre.
  • Pour les personnes appareillées, on peut installer une boucle à induction magnétique à signaler par le pictogramme adéquat, en s'assurant régulièrement qu'elle fonctionne.