Les troubles Dys

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La dysphasie

La dysphasie est un trouble structurel, sévère et durable de l'apprentissage et du développement du langage oral. Cette pathologie, trop peu connue, est assez fréquente, puisque l'on considère qu'elle touche sous une forme ou une autre au moins 1% de la population. La dysphasie est à distinguer du retard simple de langage.

Spécifique : le trouble touche uniquement le langage oral. L'enfant ne présente pas, à l'origine, de trouble intellectuel, sensoriel (surdité, cécité...), moteur, psychologique ou psychiatrique, ni de lésion cérébrale.

Sévère : le langage ne se développe pas de façon normale, les troubles dépassent le retard simple de langage (c'est-à-dire lorsque le langage se met en place mais de manière décalée dans le temps).

Durable : la dysphasie est un trouble structurel (qui touche à la structure innée du langage, en lien avec un dysfonctionnement des structures cérébrales mises en jeu lors du traitement de l'information langagière). L'installation du langage est très lente, le langage de l'enfant garde à des degrés variables la marque du trouble initial.

La dysphasie peut être plus ou moins sévère et se présenter sous des formes diverses : parole déformée, mots isolés ou associés, forme télégraphique, structures de phrases inadaptées, manque du mot, difficultés à construire et à organiser son discours, troubles de la compréhension.

Pour différencier d'un retard de langage, le diagnostic de dysphasie ne peut être posé qu'à partir de l'âge de 5 ans mais peut/doit être rééduquée bien avant.

Plusieurs classifications de la dysphasie ont été réalisées, bien que chaque enfant dysphasique présente son profil particulier. Selon l'importance du trouble au niveau de la programmation phonologique (production des sons), lexicale (acquisition et utilisation du vocabulaire), syntaxique (construction de phrases) ou de la compréhension, on distingue :

  • la dysphasie phonologique-syntaxique,
  • la dysphasie phonologique,
  • la dysphasie réceptive,
  • la dysphasie lexicale-syntaxique,
  • la dysphasie sémantique-pragmatique.

La dyslexie

La dyslexie est un trouble spécifique de l'apprentissage de la lecture, qui se caractérise par une diminution significative des performances en lecture, en orthographe, par rapport à la norme d'âge.

Ces difficultés sont durables et ne sont pas un simple retard d'acquisitions.
Les mécanismes fondamentaux du langage écrit sont atteints dans leur structure même, souvent à la fois dans l'expression et dans la compréhension. On retrouvera la dyslexie sur un sujet rééduqué par rapport à la fluidité de lecture qui sera toujours difficile.

Les troubles peuvent s'exprimer dans le déchiffrage :

A/ erreurs perceptives :

  • confusions auditives (f/v; ch/j; p/b; c/g; a/an; u/ou)
  • confusions visuelles (p/q/d/b; m/n ; f/t; ale)
  • inversions (tri/tir ; pile/pli)
  • omissions (bar/ba ; arbre/arbe ; propre/prop)
  • adjonctions (y aller/y allyer)
  • contaminations (dorure/rorure ; âne/ané).

B/ erreurs dues à des difficultés de mémorisation de certains mécanismes de lecture :

  • mauvais découpage des syllabes (menace/men-ace)
  • confusions sur la double valeur de c et g (ca, co, ce, ci...)
  • confusions ss/s (poisson/poison).

C/ erreurs linguistiques :

  • omissions, additions ou substitutions de mots lexicaux ou grammaticaux (une/la; travaillant/traversant)
  • erreurs de liaison (trop inférieur/trozinférieur)
  • lecture lente, hésitante, saccadée, ignorance de la ponctuation.

D/ Les troubles peuvent aussi s'exprimer dans la compréhension :

L'enfant dyslexique peut avoir des difficultés à comprendre le sens du message écrit et rejette souvent les matières ou activités qui font appel à l'écrit.

La dysorthographie

Les dyslexiques sont des dysorthographiques en puissance. Un mauvais lecteur sera un mauvais transcripteur, d'autant plus que la transcription est moins facile que la lecture.

Les troubles peuvent s'exprimer de la manière suivante :

A/ erreurs perceptives du même type que celles du dyslexique.

B/ erreurs linguistiques

  • erreurs de découpage (larmoire ; m'est égal/métégale)
  • erreurs sur les formes verbales
  • erreurs d'analyse grammaticale, erreurs de genre et de nombre, nombreuses fautes dites d'orthographe d'usage (chevaux/cheveaux ; pommier/pomier).

La dyscalculie

La dyscalculie est un trouble sévère et durable des "compétences numériques et des habiletés arithmétiques" (citation de Temple).

Elle concerne la construction du nombre, des opérations, et plus largement, la structuration du raisonnement et l'utilisation des outils logiques et mathématiques.

Tout comme la dyslexie, la dyscalculie est diagnostiquée chez des enfants d'intelligence normale, ne présentant pas de déficiences sensorielles, ni de lésion cérébrale et vivant dans un environnement social et familial sans difficulté majeure.

Elle peut être, ou non, associée à d'autres déficits cognitifs: difficultés d'orientation dans l'espace, troubles de la motricité, de l'attention....

La dyspraxie

La dyspraxie est une anomalie de la planification et de l'automatisation des gestes volontaires. C'est un trouble spécifique de l'apprentissage des gestes. L'enfant apprend à lire en CP sans grande difficulté mais est décrit comme lent, maladroit et ses réalisations motrices ou graphiques sont médiocres, informes, brouillonnes puis rapidement il éprouve des difficultés à l'écriture. Les parents notent des difficultés à faire ses lacets, couper sa viande, etc...En cas de dyspraxie visuo-spatiale, il éprouvera des difficultés dans toutes les tâches ou les composantes spatiales sont importantes : géométrie, géographie, dyscalculie spatiale, lenteur à la lecture.

La dyspraxie est un trouble de l'acquisition de la coordination du geste (motricité globale ou fine), souvent associé à un trouble du regard ou un trouble de la construction de l'espace en 2 dimensions (feuille, livre), parfois à un trouble bucco-facial (mimiques, langage parlé, déglutition).

La Dysgraphie accompagne la Dyspraxie.

La dyspraxie est un trouble spécifique du développement moteur, il y a altération du développement de la coordination motrice. Les anomalies peuvent toucher tout ou une partie des gestes.

Il existe deux types d'approche quant à la description des troubles :

Une approche générale, centrée sur la notion de coordination avec les troubles de l'acquisition de la coordination (TAC) . Il s'agit d'une maladresse à la réalisation des gestes (retard psychomoteur, maladresse à la manipulation d'objet, difficultés en sport, en écriture....).

Une approche cognitive qui prend en compte non seulement l'exécution du mouvement mais la maîtrise de son objectif. Le trouble de la réalisation gestuelle est secondaire alors à des difficultés dans la programmation, l'agencement, l'assemblage, et l'organisation spatio-temporelle des gestes volontaires. On parlerait alors davantage de dyspraxie.

Dans les deux cas, ces troubles entraînent des difficultés importantes dans la scolarité et dans les activités de la vie quotidienne (habillage, repas, sport, dessin, écriture ...).

Ces troubles ne s'accompagnent pas de retard intellectuel, de maladie neurologique acquise ou congénitale. S'il existe un retard mental, les difficultés motrices dépassent alors celles habituellement associées à celui-ci.

On retiendra trois différents types de dyspraxie :

  • La dyspraxie gestuelle : déficit des acquisitions motrices et des coordinations gestuelles.
  • La dyspraxie constructive : déficit de la planification d'une tâche et des fonctions exécutives de production de la tâche.
  • La dyspraxie visuo spatiale, qui semble être la plus courante à ce jour. 

La dysgraphie

La dysgraphie est un trouble persistant du geste graphique retentissant de manière importante sur l'aspect formel de l'écriture qui se caractérise par des formes erronées, de mauvaises attitudes motrices, une trop grande tension corporelle, des caractères en miroir...

La dysgraphie retentit sur la forme des lettres, leurs liaisons, leur tracé et/ou la mise en page.

Trois grandes formes de dysgraphie ont été décrites (cf. Ajuriaguerra), dans lesquelles la dysgraphie peut être isolée (spécifique) ou associée à une pathologie particulière :

  • Les désordres de l'organisation motrice (enfants maladroits, débilité motrice, atteinte du système nerveux).
  • Les désordres de l'organisation du geste et de l'organisation de l'espace.
  • Les troubles de l'expression graphique (en lien avec un retard de langage, une dyslexie, une dysorthographie).

Elle peut être également observée chez des enfants précoces, ayant des troubles du comportement ou en lien  avec une latéralité à gauche.

 

Chacune de ces perturbations spécifiques du langage oral ou écrit peut être associée à des troubles de certaines fonctions cognitives capitales, qui permettent l'acquisition et l'utilisation du langage : mémoire, attention, concentration, capacités de logique, d'abstraction, de généralisation, troubles praxiques (graphisme, habillage..), mais aussi structuration spatio-temporelle.

Les personnes " Dys " cumulent fréquemment plusieurs " Dys ", mais aussi un TDA avec ou sans H, ainsi qu'une précocité intellectuelle.

N'est pas " Dys " qui veut.

Pour être "Dys", il faut :

  • Présenter les troubles.
  • Être d'une intelligence normale ou supérieure.
  • Ne pas présenter d'autre handicap (sauf autres troubles dys).